Madame la Ministre, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
Chers Collègues, chers rapporteurs
Un grand merci cher Daniel pour ton attention à l’opinion de chacun. Ton sens du dialogue nous a permis de mener à bien ce travail dans un temps très contraint.
Merci aussi au Professeur Gilles Berrut et à son équipe. La journée à Nantes à la découverte du Gérontopôle nous a beaucoup appris. En particulier, je retiens que sans équipe pluridisciplinaire autour de lui, le médecin gériatre ne peut soigner son patient dans la globalité de sa personne ; ce qui est dommageable pour le patient, bien sûr, mais également pour son entourage et pour le personnel soignant. Je souhaite insister ici sur une formation spécifique du personnel aidant, en effet trop souvent les personnes âgées devenues vulnérables sont l’objet de maltraitance.
L’avis fait état d’une étude du Collectif des morts de la rue nous apprenant que l’espérance de vie des personnes au parcours de pauvreté est de quarante-neuf ans contre quatre-vingt-deux ans pour une personne comme vous et moi. Trente-trois ans d’écart ! C’est effarant et révoltant. Cela montre à l’évidence que les meilleures mesures pour améliorer les conditions de vie des plus âgés d’entre nous ne pourront rien pour ceux et celles qui sont avant tout victimes des inégalités sociales. Ce projet d’avis le pointe d’ailleurs fort justement en rappelant la nécessité de faire de la lutte contre ces inégalités une priorité. Comment ne pas souscrire à cette proposition – et tout mettre en œuvre pour la réaliser – quand on sait que huit millions de nos concitoyens vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui hypothèque leurs chances d’une vieillesse digne ?
Dans cet avis je suis frappée par la similitude des interrogations que posent le monde de la vieillesse et le monde de la pauvreté. Je m’explique. Regrettant que ce projet de loi reste globalement cantonné à la sphère du médico-social, vous suggérez d’intégrer cette question dans toutes les politiques publiques. L’enjeu, dites-vous très concrètement, est de faire prendre conscience aux élus et services des collectivités territoriales que le vieillissement impacte toutes les politiques (logement, urbanisme, transport…) et pas seulement les politiques sociales. Par ailleurs, vous rappelez que le CESE partage l’approche de ce projet de loi en ce qu’il est fondé sur le respect des droits fondamentaux.
C’est exactement ce que l’on retrouve dans le rapport du CES Grande Pauvreté et Précarité économique et social de 1987, qui a ouvert la voie à la Loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions de 1998. Celle-ci affirme dans son article premier qu’elle « tend à garantir sur l’ensemble du territoire l’accès effectif de tous aux droits fondamentaux dans les domaines de l’emploi, du logement, de la protection de la santé, de la justice, de l’éducation, de la formation et de la culture, de la protection de la famille et de l’enfance ».
Il m’a semblé que ce parallèle entre pauvreté et vieillissement était instructif. A tout le moins, il montre que le CESE a de la suite dans les idées, ce qui n’est déjà pas si mal ! Il montre aussi que ni les personnes âgées ni celles en situation de pauvreté ne doivent être considérées, ni surtout « traitées » à part. Il en va d’ailleurs de même pour les personnes dites handicapées tant sur le plan physique que mental. Toutes, sans exception, relèvent du droit commun et des politiques publiques, à l’instar de l’ensemble des citoyens. C’est la colonne vertébrale de votre projet d’avis, Monsieur le rapporteur, et c’est la principale raison pour laquelle je le voterai.