Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, Chers collègues, Cher Antoine,
En abordant cette question : « comment améliorer le recours aux droits sociaux des jeunes ? », nous savions que ce serait difficile. Nous n’avons pas été déçus ! Au-delà de la complexité du sujet, nous avons été confrontés en section à des visions de la société très éloignées les unes des autres, ce qui n’a pas facilité la tâche de notre rapporteur. Heureusement, tu as su, Antoine, tenir bon malgré les tempêtes et permettre que cet Avis débouche sur des préconisations essentielles pour l’avenir de notre jeunesse et donc pour l’avenir de notre pays. Je t’en remercie, et je voterai l’Avis.
Certes, les jeunes de France ne sont pas les plus à plaindre en Europe et dans le monde. Il n’en reste pas moins que leur situation, plus que préoccupante, est révélatrice de nos insuffisances passées et des chemins à prendre pour y remédier. Quelle que soit leur couleur, nos responsables politiques ont accepté – oui, accepté – que, depuis des décennies, 150 000 jeunes sortent chaque année du cursus scolaire sans qualification aucune. Comment ne pas avoir imaginé que nous en payerions le prix un jour ou l’autre ? Aujourd’hui, 41% des jeunes qui vivent dans des quartiers défavorisés sont au chômage ; 50% en Outremer et plus de 22% globalement en métropole ; l’âge moyen de l’accès au premier CDI est de 27ans…
Ne croyons pas que l’on pourra pallier ces insuffisances par des mesures spécifiques, au coup par coup, qui ne contribueraient qu’à maintenir les jeunes hors du droit commun.
J’ai trouvé capital que l’Avis propose un « droit à la qualification et à la formation tout au long de la vie », assorti des moyens lui permettant de devenir effectif. Cela suppose que les jeunes soient soutenus, ce qui leur manque cruellement aujourd’hui dans la majorité des cas.
Le témoignage de Cécile, 22 ans, nous le confirme : « J’ai beaucoup de mal – dit-elle – à trouver un travail ou une formation puisque je n’ai pas de diplôme. Je suis allée à la Mission locale, j’ai fait des stages, des formations, des remises à niveau qui n’ont mené à rien. Ça fait 3 ans que j’y vais. Je n’ai pu rencontrer un conseiller qu’une fois toutes les 3 ou 4 semaines pendant 20 minutes. »
Ton Avis, Antoine, nous fait mieux comprendre que si l’avenir de notre jeunesse, de toute notre jeunesse, nous tenait vraiment à cœur, nous en ferions un objectif principal de nos politiques. Nous n’accepterions plus que des jeunes, par centaines de milliers, non seulement quittent l’école sans qualification, mais ne bénéficient pas par la suite de tout le soutien et l’accompagnement leur permettant d’accéder à un emploi et de se former en continu. Notamment, nous renforcerions les moyens des Missions locales, trop surchargées à ce jour et ne pouvant consacrer à chaque jeune le temps nécessaire.
Bien sûr, cet Avis ne concerne pas seulement les droits des jeunes les plus défavorisés. Mais n’oublions pas ce que disait Montesquieu : « Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous ».
Je vous remercie.