Interpellation de Martin Hirsch ( Haut Commissaire aux Solidarités Actives) en Plénière au CESE le 8 Octobre 2008

Monsieur le Président, Monsieur le Haut Commissaire, Mesdames, Messieurs,

Nous approchons de la Journée mondiale du refus de la misère. C’est un rendez-vous que les pauvres du monde entier et ceux qui sont à leurs
côtés, nous donnent à tous. Pour une fois, ce sont eux qui convoquent et qui nous demandent, chaque année à cette occasion : où en êtes-vous ? Où en êtes
vous du refus de la misère ? Où en êtes-vous des politiques pour venir à bout de ce fléau ? Où en êtes-vous personnellement pour être à nos côtés ?
Cela a beaucoup de sens pour nous que, l’an dernier, le président Sarkozy ait choisi cette date pour exprimer les axes et les ambitions de sa politique dans ce domaine. Cela a du sens également qu’il ait choisi ce lieu du Conseil économique, social et environnemental, qui, depuis des années, guide notre pays dans ce que doit être une politique globale et cohérente, une politique guidée par l’accès de tous aux droits de tous. Cela a du sens de choisir ce lieu qui s’est donné comme devise que les avancées soient mesurés à l’aune des progrès dans la qualité de vie des plus démunis.
C’est ici que le président Sarkozy s’est engagé à réduire d’un tiers la pauvreté dans ce pays et nous voulons que cet engagement ne concerne pas le tiers « le moins souffrant » mais qu’il soit un tiers du chemin accompli avec tous, en ayant comme repère le plus démuni. Vous avez fixé des indicateurs pour suivre cet
objectif, un tableau de bord en 15 points. Nous vous demandons donc Monsieur le Haut Commissaire de publier, chaque année, ce tableau de bord. Si les données n’ont pas été recueillies encore, publiez les dernières valeurs connues et les objectifs que vous vous fixés et faites le chaque année, le 17 octobre.

C’est aussi à l’aune de cette devise du CES que nous suivrons le RSA. Beaucoup disent qu’il est un outil pour soutenir les travailleurs pauvres. Tant mieux car ils en ont besoin et tout ce qui contribuera à les faire sortir de la pauvreté est bon à prendre. Mais entraînera t’il les autres ? Aurez-vous comme repère, là encore, les plus fragiles, ceux qui sont les plus éloignés de ce droit à l’emploi ? Nous craignons malheureusement que non et nous serons vigilants pour que le RSA soit un progrès pour eux. Depuis le départ nous avons dit que nous ne voulions pas d’un grenelle du quart ou du tiers mais de tous. Depuis des années, nous avons appris que rien ne sera gagné tant que nous ne saurons pas être partenaires des plus pauvres. Est-ce le chemin que prendra le RSA quand on voit la façon dont les personnes seront associées au choix de leur référent ?

Je vous invite Monsieur le Haut Commissaire à venir le 17 octobre aux côtés des jeunes sur le parvis des droits de l’homme et des libertés, venez dialoguer avec eux.
Je vous remercie.

A propos mariealeth

Présidente du Mouvement ATD Quart Monde France
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