Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
Chers collègues, Cher Xavier,
La réalisation de ce rapport sur les inégalités à l’école a donné lieu à des échanges passionnés et passionnants, ce dont je remercie vivement notre rapporteur. Je partage très largement les préconisations de cet avis, tellement même qu’en les relisant je me suis prise à rêver… Et si elles étaient mises en application par le ministère de l’Education Nationale ?
Imaginez : des enseignants plus nombreux et donc des classes moins surchargées ; des professeurs plus longuement et mieux formés à la pédagogie ; les élèves en difficulté non abandonnés, mais faisant l’objet d’une attention prioritaire ; les parents et les enseignants se rencontrant régulièrement, à égalité, pour partager leurs points de vue… Imaginez combien changerait alors la vie de milliers d’enfants, d’enseignants et de parents, combien notre société en serait transformée !
Ce rêve n’est pas une utopie irréalisable, il est à notre portée. Alors qu’aujourd’hui l’école est un amplificateur de différences et même d’exclusion, des hommes et des femmes cherchent, inventent, pour inverser la tendance.
Comme cet enseignant de zone d’éducation prioritaire qui, au début de chaque année scolaire, établit une sorte de contrat avec ses élèves et leurs parents. Ils se mettent d’accord pour que, grâce au soutien et à la solidarité de tous les autres, chaque enfant sache lire, écrire et compter à la fin de l’année. Et ça marche !
Comme cette mère de famille qui, ayant les moyens d’envoyer ses enfants dans une école de bonne réputation, a choisi de les inscrire dans l’école multiculturelle de son quartier du 19ème arrondissement de Paris, « pour qu’ils soient plus en phase, dit-elle, avec la réalité du monde ». Elle-même s’est engagée comme parent solidaire, participant à la création d’un « Espace Parents », lieu de rencontre informel pour construire le « vivre ensemble ». Et ça marche !
D’aucuns ne manqueront pas de s’insurger devant certaines préconisations de cet avis qui, selon eux, vont entraîner un investissement financier important. Ce genre de dénonciation avait déjà cours il y a 20 ans, 30 ans… et nous en payons aujourd’hui l’exorbitant prix humain.
Il s’agit de savoir si, pour des considérations budgétaires à courte vue, nous continuerons à accepter que les enfants des milieux défavorisés soient globalement en échec scolaire, avec toutes les conséquences pour leur vie future et pour la cohésion sociale, ou si nous voulons avec détermination inverser cette tendance.
« Considérer les progrès de la société à l’aune de la qualité de vie du plus démuni et du plus exclu, est la dignité d’une nation fondée sur les Droits de l’Homme. » . C’est à l’application de cette maxime gravée à l’entrée de notre Conseil que nous invite cet Avis sur les inégalités à l’école. Bien sûr, je le voterai.