Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
Chers Collègues, Monsieur le Rapporteur,
Ce travail sur la mobilité des jeunes ne fut pas facile. Les membres de la section ont eu à cœur, comme vous-mêmes, Monsieur le Rapporteur, de faire des propositions concrètes pour que tous les jeunes sans exception puissent bénéficier des dispositifs permettant cette mobilité. En effet, comme vous le soulignez dès le début de votre avis, moins de 2% de la jeunesse de notre pays profite aujourd’hui de ces dispositifs…
Bien sûr, cette mobilité rencontre des obstacles de tous ordres qui ne concernent pas seulement les jeunes les plus défavorisés socialement. Pour autant, ces derniers en sont
complètement exclus, alors même qu’ils ont une véritable aspiration à la rencontre avec d’autres, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.
Je peux témoigner que les jeunes de France et d’Europe que rencontre et rassemble
le Mouvement ATD Quart Monde, ces jeunes issus de tous les milieux, souhaitent
construire un monde où chacun, à commencer par le plus exclu, aura sa place pleine et entière. Comment ne pas tout mettre en œuvre pour soutenir cette aspiration d’une jeunesse qui, dans le contexte de morosité et de défaitisme actuel, nous indique à l’évidence le seul chemin possible : celui de la rencontre et de la fraternité entre les personnes et entre les peuples ?
C’est ce qu’exprime, à sa manière, Benoît, l’un de ces jeunes. Je le cite : « J’aimerais que les responsables politiques rendent le volontariat obligatoire pour tous les jeunes pendant un an de leur vie entre 18 et 25 ans. Tous les jeunes se rendraient ainsi compte des réalités qui les entourent mais aussi, qui sait, deviendrions-nous tous plus humains ! Il faut que les jeunes de différents milieux se côtoient afin de combattre les préjugés qu’on peut tous avoir, selon le quartier d’où l’on vient, que ce soit difficile ou pas. Nous avons tous des torts, mais nous avons tous besoin de nous remettre en cause et de passer du temps ensemble. »
Benoît fait partie de ces centaines de milliers de jeunes qui, sans l’avoir choisi, sans être des fainéants ou des délinquants, comme d’aucuns s’autorisent à les qualifier globalement, souffrent d’un manque de formation et de travail, d’un non accès à la culture et aux loisirs, d’une grande difficulté à se soigner et, comme vous l’avez bien souligné, Monsieur le Rapporteur, d’une quasi impossibilité de se loger. Ils souffrent tout particulièrement de constater que la réalité de ce qu’ils vivent, semble ignorée du reste de la société et donc
de ceux qui ont pourtant en charge la responsabilité du vivre ensemble.
Hier, le rapport annuel du Secours catholique rappelait que les ¾ des jeunes accueillis par l’association ne sont ni en formation, ni en emploi, que 40% sont au chômage et 12% à la rue.
Si, à la suite de cet avis, il était décidé d’augmenter les possibilités de mobilités intra et internationales pour les jeunes, cela devrait concerner en toute priorité ceux qui n’ont pu en profiter jusque-là, alors même qu’ils en ont le plus besoin et qu’ils y aspirent profondément.
Je voterai votre avis.