Projet de loi sur le développement

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

Monsieur le rapporteur,

Un grand merci, Monsieur le rapporteur, pour votre travail.

Je souhaite insister ici sur les conditions de l’efficacité de l’aide au développement. Elles sont essentielles pour qu’enfin cela change, qu’enfin nous puissions tendre vers l’éradication de la pauvreté. Le Mouvement ATD Quart Monde a mené une recherche action avec des populations vivant dans des conditions de grande pauvreté dans 12 pays pour évaluer les Objectifs du Millénaire pour le Développement et préparer l’après 2015. CE qui en ressort est très clair, les populations concernées par ces projets de développement constatent que les projets leurs sont imposés, en effet ils sont rarement discutés avec les populations. Les populations qui vivent dans des situations très difficiles à travers le monde demandent à être considérées comme de vrais partenaires, de pouvoir participer à l’élaboration de projets, au suivi et à l’évaluation.

Pour bien comprendre cette participation des plus démunis, je souhaite vous partager un exemple vécu dans une grande ville côtière d’un pays d’Afrique de l’est.

Au début de l’année 2000, cette ville s’est lancée dans la réhabilitation du marché aux poissons, correspondant à une volonté de développement économique et d’assainissement. C’est dans un bureau qu’a été pensé la construction du futur marché couvert avec eau courante, électricité et stands fixes, il n’y a pas eu de diagnostic de terrain approfondi.

Les autorités locales ont organisé des concertations avec les représentants des commerçants, ainsi ils se sont répartis les emplacements et stands fixes, mais aucun des acteurs de l’économie informelle n’a été invité à discuter.

Ces acteurs de l’économie informelle, ce sont eux qui déchargent les marchandises des camions, aident les voitures à se garer, nettoient les poissons, cherchent du bois pour cuire les poissons, etc … Ces hommes se sont retrouvés exclus d’office de cette marche du progrès. Lorsque le marché a ouvert ses portes, ils n’ont pas eu de badges pour y accéder, ils ont continué à tourner autour, cherchant de petites tâches pour vivre ou plutôt tenter de survivre.

Alors la mairie s’est lancée dans une véritable chasse à l’homme pour faire tout simplement disparaître ces travailleurs de l’ombre de ce paysage où ils n’avaient plus leur place. Chassés, ces hommes sont allés jusqu’à s’enterrer vivant dans le sable avec une paille dans la bouche pour respirer, afin de ne pas être retrouvé par la police.

Notre proposition pour de ne laisser personne en arrière dans les programmes de développement, est de nommer du personnel expérimenté aux côtés des directeurs de projet. Mettre en oeuvre la participation sur le terrain des personnes en situation de pauvreté, en lien avec les ONG qui les rassemblent, faire remonter leurs attentes aux décideurs politiques et aux bailleurs de fonds.

Cela devrait contribuer à renforcer la participation des populations les plus délaissées dans tous les projets de développement financés par la France.

Je voterai l’avis

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