Le travail autour de cet Avis a permis à la section des affaires sociales de mesurer vraiment l’impact du chômage sur les personnes directement touchées et leur entourage, car comme il est écrit dans votre conclusion « il y a une urgence absolue à proposer un accompagnement global à toutes les personnes privées d’emploi prenant en compte leur santé, leur parentalité, » … Pointer les conséquences du chômage sur des hommes, des femmes, des familles, sortir des statistiques ou des stéréotypes associés aux chômeurs, pour tenir compte de l’égale dignité de chacun … de tout cela je vous félicite et vous en remercie Madame la rapporteure, Chère Jacqueline.
Je souhaite également souligner l’importance de la première préconisation :
Vous nous proposez, alors que les sénateurs l’ont voté le 18 Juin 2015, d’encourager les députés à voter la reconnaissance d’un 21ème critère de discrimination pour précarité sociale.
Une loi n’empêchera pas les discriminations, mais elle représentera un marqueur pour notre société, un point de repère sur lequel on pourra s’appuyer pour refuser que des personnes continuent de subir le rejet.
Pascal est au chômage depuis 18 mois, n’étant pas qualifié il n’a jamais pu rencontrer de conseiller de Pole emploi mais tente de rester inscrit par l’intermédiaire d’une boite vocale, jusqu’au jour où sa voix n’est plus reconnue. Pascal est alors radié de Pole emploi du jour au lendemain. Il tente de se réinscrire, des changements viennent d’avoir lieu. Il faut qu’il le fasse par internet. Mais Pascal n’a plus de revenu, et n’a pas d’accès à internet. Comment faire, comment ne pas se décourager ? Comment ne pas se sentir inutile ?
Reconnaître la discrimination pour précarité sociale serait un signe fort de la volonté de notre pays de continuer à enraciner la fraternité dans notre vivre ensemble. Notre République, dans sa loi, refuserait alors tout comportement discriminant dans quelque domaine que ce soit et n’accepterait plus que des citoyens soient traités différemment du fait de leurs difficultés sociales.
« Considérer les progrès de la société à l’aune de la qualité de vie du plus démuni et du plus exclu, est la dignité d’une nation fondée sur les Droits de l’Homme. » . C’est à l’application de cette maxime gravée à l’entrée de notre Conseil que nous invite cette préconisation.
Et puis n’oublions pas le CESE a omis de marquer dans les perspectives des cinq années à venir le combat contre la pauvreté, l’occasion nous est donné de marquer avec le vote favorable de cet Avis, et en particulier de cette préconisation de reconnaissance du 21ème critère de discrimination pour précarité sociale, de marquer notre volonté de combattre la pauvreté.