Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs, Chers Collègues,
Un grand merci, Messieurs les rapporteurs, pour votre travail. Je voterai l’avis présenté aujourd’hui car je suis convaincue que, dans la conjoncture actuelle, l’économie sociale et solidaire a un rôle primordial à jouer pour l’accès de tous à un emploi.
Je considère, en effet, que la finalité de l’Economie Sociale et Solidaire est de répondre à cette exigence démocratique inscrite dans la constitution d’octobre 1946 : « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ».
Le sérieux de votre avis, Messieurs les rapporteurs, est évident. Il est d’une haute technicité et, pour être franche, je l’ai même trouvé un peu trop technique. S’il est important de mieux comprendre, pour les améliorer, la mécanique et les rouages de l’Economie sociale et solidaire, encore faut-il s’assurer qu’une fois bien « huilée », celle-ci va effectivement permettre à des hommes et des femmes d’accéder à une sécurité financière et à un emploi avec lesquels ils pourront vivre décemment.
N’est-il pas paradoxal, par exemple, que de grandes mutuelles ou coopératives se réclamant de l’Economie sociale et solidaire n’aient pas hésité à détruire des emplois peu qualifiés en remplaçant des standardistes par des serveurs vocaux, autrement dit, en remplaçant des travailleurs, pères et mères de familles, par des machines ?
Il ne suffit donc pas d’affirmer, comme le fait à juste titre l’Avis dans son introduction, que l’Economie sociale et solidaire crée de la richesse en mettant l’humain au cœur de l’activité. Encore faudrait-il que l’Economie sociale et solidaire, au nom de ses valeurs affirmées, relève concrètement un certain nombre de défis pour donner vraiment la priorité à l’humain. Par exemple :
– Devant cette réalité que tous les employés n’ont pas la même « productivité », de par leurs capacités ou leurs compétences acquises, les acteurs de l’Economie sociale et solidaire ne devraient-ils pas toujours pratiquer la modération salariale pour que les moins « productifs » puissent conserver leur emploi et un salaire décent ?
– l’Economie sociale et solidaire ne devrait-elle pas s’interdire l’externalisation des tâches non directement lucratives, comme par exemple le gardiennage ou le ménage, qui sont confiées à des sociétés où les conditions sont souvent très difficiles et le travail émietté ?
– l’Economie sociale et solidaire ne devrait-elle pas systématiquement pratiquer des échelles de salaire réduites comme certains de ses membres le font déjà, afin de dégager des marges financières pour embaucher – ce qui permettrait, en outre, de relâcher un peu la pression sur les salariés en poste ?
– l’Economie sociale et solidaire ne devrait-elle pas développer des méthodes de recrutement moins sélectives, permettant aux personnes de faire leurs preuves, plutôt que de les juger sur un CV ou un entretien d’embauche qui excluent d’avance toute une frange de chômeurs ?
Je sais bien que cet Avis répondait à une demande assez technique du Premier Ministre sur l’Economie sociale et solidaire. Il m’a semblé toutefois important d’en rappeler la finalité humaine. Ainsi, alors que son association pour le droit à l’initiative économique a contribué à pérenniser 80 000 entreprises et à générer 107 000 emplois à ce jour, Maria Nowak affirme que sa plus grande réussite est d’avoir démontré la capacité de création et la formidable richesse d’idées des chômeurs et allocataires du RSA.